06 mars 2006
LA MARCHE DE L'EMPEREUR, Luc Jaquet, 2004
Vu le 26 janvier 2005 au cinéma Majestic, à Meaux
Un documentaire sur les machots de l'Antartique. Il faisait très
très froid ce soir là, ce film ne m'a pas particulièrement réchauffé.
Les images sont plutôt belles même s'il n'y a rien d'exceptionnel, et
la musique d'Emilie Simon était peut-être trop discrète, enfin je ne me
suis pas ennuyé, je me suis laissé bercer, mais ce film ne va pas me
laisser une trace inoubliable dans ma mémoire, il faut bien le dire. Le
destin des manchots est certes inédit, mais ce n'est pas eux qui ont
pondu Citizen Kane et ça se voit!
MOYEN
LES SOEURS FACHEES, Alexandra Ledère, 2004
Vu le 30 janvier 2005 au cinéma André Malraux, Le Bourget
En voila une bonne surprise! Une comédie française subtile et
qui ne se dérobe pas derrière un burlesque daté et honteux ( l'ombre
des Dalton ou de Tais-toi ! plane au dessus de moi ). Isabelle Huppert
la bourgeoise parisienne qui ne travaille pas reçoit à contre coeur sa
soeur esthéticienne qui vient du Mans pour un rendez-vous avec un
éditeur (elle s'est mise à écrire). Et c'est là que c'est subtil. Alors
qu'on s'attend à un clash entre les Parisiens prout prout et la
provinciale naturelle, on est agréablement surpris de constater que la
provincialité a été reléguée au second plan au profit des caractères
propres des personnages. Et Catherine Frot est encore une fois
impeccable en bonne fille généreuse. Malgré un arrière fond pesant (
adultère, secrets de famille) la réalisatrice se fixe sur le présent,
sans prétendre résoudre les problèmes des personnages. Ca pourrait être
bancal, mais c'est superbement intégré. La comédie et le drame c'est la
vie, c'est ce film.
J'AIME
AVIATOR, Martin Scorsese, 2005
Vu le 31 janvier 2005 au cinéma La Ferme du Buisson, Noisiel
Un film de commande par Martin Scorsese ça reste quelquechose. Il adapte donc sur grand écran la première moitié de la vie de Howard Hugues, producteur, réalisateur et aviateur (et tombeur) de la belle époque hollywoodienne de l'entre deux guerres. A travers ce film d'un clacissisme presque parfait Scorsese nous livre l'histoire, brute de décoffrage de ce type tordu à la personnalité hyper complexe. Obsédé par la propreté, obsession héritée de sa mère, il peut se mettre à vivre retiré de tout, nu, hors de toute hygiène, renfermé dans sa salle de projection. Contradiction. Cette fresque est également un beau témoignage des avancées techniques de la première moitié du XXème siècle, du cinéma muet à la télévision, qui nous sont goulûment montrées. de même Hugues est un aviateur-avionneur qui cherche à toujours repousser les limites de ses engins. Mais comme avec les femmes ( dont il était grand consommateur ) ou en affaires, les déconvenues sont possibles. Ce que ne semblait pas supporter le père Howard, physiqquement parlant. Si ce film très plaisant, magnifiquement réalisé et au ton délicieux ( du coup les 2h50 sont vite passées) n'est au final pas des plus indispensables, le personnage qu'il représente rappelle brillemment les sombres côtés de la réussite. A méditer, en pensant à Kate blanchett...
J'AIME
PLACE DE LA REPUBLIQUE, Louis Malle, 1972
Vu le 2 février 2005, VHS empruntée à la médiathèque
J'aime Louis Malle. Ce documentaire loué à la médiathèque est une merveille de réalité et de réalisation. La caméra flotte dans la foule, toujours sur le même trottoir, et filme ce qui n'a aucun intérêt: le quotidien et les gens ordinaires. Ceci est à l'opposé du modèle cinématographique. Cependant à force de présence la caméra capte le rythme de la vie urbaine, mais il n'est pas stable, un nombre incalculable de détails cahotent ce rythme qui se mue en arythmie, mais sans l'empêcher d'avancer, toujours à la même cadence. Un accrochage entre deux voitures, un retraité qui raconte sa vie de Juif à Paris, un cantonnier qui pour rien au monde ne retournerait vivre dans sa ferme normande natale... La circulation - tant automobile que piétonne - avance cahin caha place de la République à paris en 1972, à l'image de la vie en général et de la personnalité des gens qui s'y trouvent. Une merveille. J'aurais bien aimé du coup le même film en contrepoint dans un quartier huppé de la capitale.
J'ADORE
ALEXANDRE, Oliver Stone, 2004
Vu le 6 février 2005 au cinéma André Malraux, Le Bourget
Je n'avais vu qu'un seul film d'Oliver Stone jusque là, Tueurs nés, que j'avais beaucoup apprécié malgré sa maladresse. Je retrouve dans alexandre un peu le même traitement des personnages : impliqués à l'extrème, corps et âme, dans l'histoire (qu'il est inutile de résumer). Colin Farrell en Alexandre et sa mère Angelina Jolie campent des personnages dont le traitement est quasi charnel, au jeu très félin, presque expressionniste. Mais ce traitement dans un peplum marche moins bien que dans Tueurs nés, où l'outrance se prêtait plus au sujet abordé. Cela aurait mieux fonctionné si les autres éléments du film n'étaient pas aussi classiques, les batailles comme le déroulement de l'histoire ne se différant guère des productions moyennes actuelles incluant de grandes batailles. Le Seigneur des anneaux proposait du jamais vu pendant trois ans mais depuis sa charte graphique a été surexploitée, y compris ici. Au final les 2h50 m'ont paru un peu longues.
MOYEN
GIRLFIGHT, Karyn Kusama, 2000
Vu le 10 février 2005 au cinéma André Malraux, Le Bourget
Gloire à cette prof du collège du Bourget qui a demandé à
ce que l'on projette ce film pour quelques classes, c'est un bijou.
Diana va au lycée dans un quartier peu favorisé de NY, sans être la
zone profonde non plus. Elle vit avec son père et son frère, sa mère
s'est suicidée, et elle s'emmerde. Mais elle découvre la boxe, et enfin
quelquechose la botte. Elle s'investit, elle revit.C'est un film
euphorisant dans sa description de l'adolescence. L'enfance est
étouffante et enfin elle va trouver un moyen de s'exprimer pleinement,
libérer le trop plein de tout accumulé au fil des années. Mais ce moyen
n'est pas la boxe, qui n'est qu'un moyen du moyen qui lui permettra de
s'affirmer face à son père, ce qui lui manquait pour pleinement se
libérer. Dans sa narration le film adopte une mesure louable couplée à
quelques impératifs du teen movie qui pour le coup justifient
pleinement le côté jouissif du dépassement de soi. Ce film est une
oeuvre audacieuse que je recommande et que je me dois de faire
découvrir.
J'ADORE !
07 mars 2006
STEAMBOY, Katsuhiro Otomo, 2004
Vu le 10 février 2005 au ciné club du cinéma Majestic, à Meaux
En voila une belle déception!!! Je m'attendais à une tuerie qui aurait fait exploser tous les canons du film d'aventures grâce au talent d'Otomo, et au final il n'y a pas grand chose. Le film se passe dans l'Angleterre victorienne, où une technique de pressurisation extraordinaire suscite beaucoup de convoitises. Tellement que l'exposition universelle de 1866 tourne à la guerre civile. Si le design général est enthousiasmant les différents engins sont plutôt mal mis en scène ce qui nous empêche de pleinement en profiter. L'histoire quant à elle est mal fichue et les séquences se suivent maladroitement, la faute à un montage dégueulasse et à un scénario qui n'a pas peur des raccourcis. Par contre l'exposition universelle qui se transforme en guerre pour la maîtrise de la science et de sa plus-value guerrière est une image qui m'a plu, mais dans le fond seulement, la forme étant parasité par ce qui est décrit plus haut et des running gags vite insupportables, d'autant plus qu'ils sont totalement artificiels. Même pas en DVD...
MAUVAIS
15 mars 2006
RETOUR A KOTELNITCH, Emmanuel Carrère, 2004
Vu le 15 février 2004 au ciné club du cinéma Majestic, à Meaux
Emmanuel Carrère devait être là mais, grippé, il s'est
décommandé. Mais bon le principal est que le film était plutôt bon. Un
documentaire sur une ville paumée en Russie, qui tourne à la "saga"
d'une famille dont une jeune membre, Ana, vient d'être assassinée. Ana
joue de la guitarre dans un escalier, sa mère pleure sur sa tombe, un
train passe, plein d'autres, des fêtes où l'on boit, où l'on danse...
C'est la vie et la mort, mais ce n'est pas naturaliste de par un
montage alambiqué et la présence du réalisateur à l'écran durant tout
le film. Mais il reste un beau moment de vérité qui ne manque pas
d'interroger sur la nature du documentaire, surtout dans des où comme
ici tout est subjectif.
J'AIME
CITIZEN KANE, Orson Welles, 1941
Vu le 21 février 2005 au cinéma Grand Action, à Paris
Nous sommes le 16 mars quand j'écris ces lignes. Je n'ai pas réussi jusque là à me décider à écrire sur ce monument. J'ai enfin pu voir "le plus grand film de l'histoire du cinéma" sur grand écran avec Léonie, et désormais je suis d'accord avec cette affirmation arbitraire. Jusque là je me basais sur mon DVD et me forçais à penser comme tout le monde, mais il n'y a pas à dire, un grand écran change tout. Ce film vertigineux est vraiment une merveille de narration où le scénario et l'image sont parfaitement imbriqués dans une relation intelligente où au même instant ce que ne dit pas l'un, l'autre s'en charge. Le résultat est euphorisant. Il faut ajouter à cela le jeu des acteurs, au premier plan Orson Welles, et des fils narratifs qui font avancer l'histoire grâce à de savoureux détails ("rosebud", le journaliste, les témoins...) et je l'affirme haut et fort : ce film est LE chef d'oeuvre!
J'ADORE!
CALVAIRE, Fabrice du Welz, 2005
Vu le 17 mars 2005 au cinéma UGC Ciné Cité Les Halles, à Paris
Marc Stevens, quel nom! Calvaire, quel film!!! Ca assomme, ça "malaisise", et tout ça pour mon plus grand plaisir. Le sus nommé est un chanteur itinérant qui se produit de maisons de retraites en supermarchés, et qui tombe en panne sous la pluie en pleines Ardennes belges. Un benêt local lui indique l'auberge de Bartel (Berroyer, excellentissime), qui n'a pas vu un client depuis longtemps. Ce dernier ne semble pas pressé de voir partir son hôte, d'autant plus quil lui rappelle son ex femme.Ce film est un choc réel, tourné de manière fort réaliste, il renforce le décalage de la faune qui entoure l'auberge. Les paysans alentours semblent tous plus dégénérés les uns que les autres, Bartel ne semble pas mieux paré, et Marc (Laurent Lucas) est coincé au milieu. Tout est malmené par ces cinglés dans ces bois, même les veaux servent de chiens de compagnie, de même que les sangliers, et de femmes par défaut... Le gentil Stevens au milieu est donc sous la pression de Bartel (de plus en plus louche), et des paysans du cru (il n'y a qu'à les voir danser pour rien dans le bar pour en avoir peur). Il n'a rien demandé, sonclvaire débute. Habillé en femme, rasé, crucifié, pris par un piège à renard, Stevens perd peu à peu toutes ses forces de résistance, et lors de la (splendide) fusillade finale, il a comme libération de Bartel une sodomie de la part des paysans. Il est mal barré Stevens. Il est bien barré ce Du Welz!
J'AIME